L’arrêté du 15 mars 2020 complétant l’arrêté du 14 mars 2020 précise : « 2° L'article 1er est remplacé par les dispositions suivantes : « Art. 1. - I. - Afin de ralentir la propagation du virus covid-19, les établissements relevant des catégories mentionnées à l'article GN1 de l'arrêté du 25 juin 1980 susvisé figurant ci-après ne peuvent plus accueillir du public jusqu'au 15 avril 2020 : « - au titre de la catégorie L : Salles d'auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple ; » Les mesures fixées par les arrêtés des 14 et 15 mars 2020 sont applicables immédiatement (décret du 15 mars 2020). En conséquence, toutes les réunions physiques sont suspendues. Le CSG vous encourage à vous informer sur les visio-réunions accessibles actuellement via le site AA France (https://www.alcooliques-anonymes.fr/reunions-aa-en-ligne/visio-reunion/). Enfin, nous vous informons que le BSG suspend l'envoi des commandes de littérature. Plus que jamais l’entraide et la solidarité qui sont si chères aux Alcooliques anonymes sont et resteront actives pour ceux qui souffrent d’alcoolisme. Amicalement,

Région Auvergne

Christine
J'étais dans une spirale infernale...
Bonjour les amis, Christine, malade alcoolique, aujourd'hui, je vais bien même très bien. Tout d'abord merci à vous d'être présents, à mes côtés pour fêter mes 365 jours d’abstinence. Un énorme merci aussi pour vos témoignages et vos encouragements qui m'ont très émue et comblée. Avant de commencer j'aimerai vous faire écouter les paroles d'une chanson (voir à la fin). Cette chanson et ce qu'elle contient m'a suivi de nombreuses années et caractérise tout à fait ma relation avec l'alcool.
J'étais dans une spirale infernale de mal être mentaux, spirituels et surtout émotifs. Ma première renaissance s'est produite grâce à l'amour, le vrai, celui qui transporte, qui rend belle, qui inspire.
Mais certains maux étaient toujours présents en moi et l'alcool a fait « son » affaire. D'abord cet alcool festif m’a permis de me désinhiber, de me sentir plus forte, capable d'affronter les autres.
Puis petit à petit, l'alcool a pris le pas sur ma vie et il est devenu mon allié dangereux. Les dernières années de ma consommation sont devenues un calvaire, une prison et sur chaque barreau étaient inscrits : honte, culpabilité, déni, colère (contre moi et les autres), désarroi, peurs, angoisses, obsessions, incompréhension, apitoiement, humiliations.
Pour vous dire que j'étais solidement enfermée derrière tous ces barreaux qui me paraissaient infranchissables même avec toute la meilleure volonté et le courage qui me caractérise pourtant.
Je tournais en rond dans ma cage ne sachant que faire. Les cuites se rapprochaient et mon état physique et mental se dégradait à grand pas, la cage devenait de plus en plus étroite.
J'ai senti que le point de non-retour était devant moi alors timidement ma main est enfin sortie de cette cage et je l'ai tendue vers les Alcooliques Anonymes. Ils m'ont pris chaleureusement ma main tremblante et l'ont enveloppée par leur compréhension. Ils étaient comme moi et m'ont fait comprendre que j'avais le même problème qu'eux, que j'étais malade alcoolique ; je n'étais plus seule. Il a été assez facile de tendre la main, de passer le bras, mais lorsqu'il a fallu passer le corps, celui-ci était pesant, tremblant, dépendant : j'ai dû me contorsionner, me plier non sans douleurs. Les AA m'ont alors soutenu pour m'empêcher de tomber.
Mais le travail de désincarcération ne faisait que commencer. Il a fallu sortir la tête et celle-ci était plus lourde que le corps, remplie de tous ces doutes, toutes ces émotions qu'il fallait affronter sans mon fameux allié l'alcool. Cette pesanteur, les AA me l'ont allégée en me montrant leur bien-être, en me donnant un programme à suivre, des outils et le choix ou non de les utiliser. Petit à petit ma tête, mon esprit se sont évadés vers une autre spiritualité. Les AA sont devenus mes amis et une nouvelle fois ils m'ont aidé à sortir mes jambes. Mes premiers pas ont été difficiles, j'ai dû réapprendre à marcher sans béquille, celle de l'alcool bien sûr. Et lorsque j’ai failli chuter, ils m'ont rattrapé juste à temps et je pouvais tomber dans les bras bienveillants de mon homme, de ma mère, de mes amis et compter sur l'amour de mes enfants.
En 1 an je n'ai fait que quelques pas hors de ma prison, elle n’est pas loin derrière moi, je dois être vigilante pour ne pas y retourner. Mais ces quelques pas m'ont permis d'avancer vers la liberté : la liberté d'être moi-même sans me cacher, la liberté de sourire et d'apprécier ces petits riens qui font un grand tout, la liberté de choisir ce que je veux devenir, la liberté d'aimer et oh combien je vous aime !
Je renais une nouvelle fois de mes cendres comme le phénix et je vous remercie du fond du coeur de m'aider à prendre mon envol vers la liberté. Un merci tout particulier à ma marraine qui par son aide, son écoute, sa disponibilité, sa clarté et ses encouragements, contribue grandement à mon rétablissement.

Crache Ton Venin

Ecoute! Tu es le long, long serpent
Tortueux et vicieux
Tu siffles au fond d'un monde creux
Qui t'empêche d'oser
Prisonnier de ce trop vieux panier
Tes barreaux sont d'osier
Et tu peux t'en tirer
Doucement onduler
Ta prison est en toi
Le poison est en toi

Allez crache ton venin, crache ton venin
Crache ton venin crache ton venin
Mais donne-moi la main
Tu verras ce sera bien, enfin

Tu es une panthère dedans
Tu es seule maintenant
Mais il te faut chasser pour être rassasiée
Dans ta gueule, des poignards
Taquinent tes mâchoires
Et dans tes yeux l'espoir
Allume un feu tout noir, tout noir
Alors reste là , et attends moi
Bientôt c'est le moment

Fais toi les dents, fais toi les dents
Fais toi les dents, fais toi les dents
Maintenant!
Attention! En y mordant dedans
Tu te tâches de sang, pourtant...
Tu pleures?
Tu pleures tu n'as plus faim, tu regardes des mains
Tu pleures tu n'as plus faim, tu regardes deux mains
On ne mange pas sans se tâcher
Tu es un homme maintenant tu sais
Pourquoi toujours, pourquoi toujours
Pourquoi toujours mordre la main
Qui se tend vers ta main

Allez crache ton venin, crache ton venin
Je dis crache ton venin
Allez crache ton venin
Crache! crache!
Crache! crache ton venin
Crache! crache! {2x}
Crache ton venin
Crache! crache! {2x}
Crache ton venin
Crache! crache! {3x}
Crache! Crache! {3x}
Mais donne-moi la main
Tu verras ce sera bien
Enfin, enfin...

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